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En France, huit à onze millions de personnes accompagnent régulièrement un parent, un enfant, un conjoint ou un proche en perte d’autonomie, du fait de l’âge, d’une maladie ou d’un handicap.
Mais qu’en est-il de l’accompagnement de ces aidants ? Une problématique encore largement sous-estimée et à laquelle doivent faire face de nombreux parents d’adultes en situation de handicap.

La pair-aidance intergénérationnelle au sein d’un même foyer

La pair-aidance est un accompagnement, un soutien et une aide, apportés par une personne ayant une expérience de vie et de rétablissement avec une maladie, des troubles ou un handicap, à une autre personne vivant une expérience similaire.

Dans le prolongement de cette dynamique, la pair-aidance peut aussi prendre une dimension intergénérationnelle.
Elle favorise alors les échanges entre des personnes d’âges différents vivant une situation de handicap.

Les habitats inclusifs sont propices à la pair-aidance entre personnes en situation de handicap et renforce l’autodétermination de ces personnes.

Rencontre avec un administrateur APAJH, parent d’un adulte en situation de handicap

Comment se déroule l’accompagnement au quotidien ?

Il est accompagné par un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) depuis maintenant 10 ans. Les premières années au sein de cette structure se sont plutôt bien passées mais progressivement il s’est mis à rencontrer des difficultés pour y retourner.

Nous avons donc établi une gestion de prise en charge alternée pour un meilleur accompagnement : il est à la maison les mercredis soir et du vendredi soir jusqu’au lundi matin.

La question de l’après se pose… Avez-vous déjà réfléchi à la suite ?

Tout à fait puisque j’ai aujourd’hui 68 ans et il en ressort une grande inquiétude.

Quand on envisage l’avenir de notre enfant, mon ex-femme et moi ne souhaitons pas que notre enfant soit accompagné un jour en EHPAD et nous ne voulons pas non plus que son accompagnement et son handicap reposent sur les épaules de son frère.

Depuis sa naissance, je me suis toujours beaucoup investi mais j’aimerais un jour pouvoir prendre ma retraite d’aidant : souffler un peu mais aussi être libre de tenir sereinement mon rôle de grand-parent auprès de mes deux petites filles. J’en ai le droit et elles aussi.

Notre vieillissement et celui de notre enfant sera notre dernier combat mais il sera surtout le plus difficile, car nous n’aurons plus cette énergie de « soulever des montagnes » comme nous avons toujours dû le faire et nous éprouverons sans doute un sentiment de désertion dans une bataille qui n’aura pas été menée à son terme.